Baki
est une série de baston où l'on va suivre la progression
d'un jeune bagarreur qui vit dans l'ombre d'un père absent.
Il va enchaîner les combats pour perfectionner son style,
repousser ses propres limites pour finalement mériter de
se retrouver en face de son père, l'homme le plus fort du
monde. Sa mère n'est pas maternelle avec lui et cette absence
de relations parentales, il la comble en se concentrant sur son
entraînement qui n'est pas une activité parallèle
mais bien sa raison de se lever tous les matins.
On
peut diviser cette première saison en deux, la première
partie nous présente Baki à 13 ans, présomptueux,
qui va découvrir qu'aussi fort soit-il, il existe toujours
plus redoutable que lui. Ses nombreux entraînements vont
le conduire jusqu'à son père, pour un combat qui
n'est en pas un où il va se faire massacrer et comprendre
exactement la différence de niveau qu'il y a entre eux
d'eux. Cette partie est la plus intéressante puisque les
entraînements et adversaires de Baki vont être assez
variés, que ce soit le singe dans le forêt, qui reste
un grand moment de la série, ou le commando dans la forêt,
il va chercher les adversaires là où ils se trouvent
et apprendra à se servir de l'endorphine pour amasser une
force supplémentaire, pour faire pencher la balance.
La
seconde partie nous fait découvrir Baki à 18 ans,
champion de combats underground Ultimate Fight où tous
les coups sont permis. Il découvrira des adversaires aux
techniques diverses et variées et Yujiro, son père,
s'invitera vers la fin de la saison. Le problème est qu'on
assiste à une succession de combats dans un lieux clos,
c'est spectaculaire mais pas très dépaysant.
Les
combats dans Baki sont menés tambour battant, on assiste
à différentes techniques, fictives pour la plupart
bien que cela soit toujours du corps à corps, on est donc
loin d'un Street Fighter avec ses Hadoken. Les rencontres nous
montrent des enchaînements de jeux de jambes, coups de poing,
prises de karaté et des techniques spéciales telles
que le brisage de membres ou des choses plus techniques comme
avec deux frères maîtrisant des techniques permettant
d'atteindre les nerfs des différentes parties du corps,
parfois c'est un peu tiré par les cheveux donc, mais dans
l'ensemble, ça va. La violence des combats est perceptible
mais c'est surtout la bande son et les images qui permettent de
la retranscrire puisque l'animation ne nous permet pas des enchaînements
fluides.
A
l'origine du projet, comme d'habitude, on a un manga créé
par Keisuke Itagaki entre 1991 et 1999 et comptant 42 volumes
! La série quant à elle vit le jour après
un premier OAV sorti en pleine publication, en 1994.
Le
graphisme de la série est particulier tout comme pour Ken
et Jojo, on a des visages tirés au couteau et très
expressifs. Par contre, on dirait que plusieurs épisodes
ont été sous-traités en Corée ou du
fait du nombre d'intervenants différents à la mise
en scène puisque le style graphique tire vers le bas de
temps en temps avec un coup de crayon vraiment laid et grossier,
dessinant une bouche en demi-cercle par exemple, c'est dommage
de ne pas avoir conservé le même graphisme sur chaque
épisode. La chose qui me dérange également
concerne la proportion des corps dans la seconde partie. Ils sont
gros, bouffis, vraiment laids. Tous les concurrents s'entraînent
comme des malades mais là, c'est inesthétique je
trouve. La bande son est soignée, que ce soit au niveau
des bruitages qui ont du coffre comme des musiques orientées
un peu techno et qui accompagnent bien les moments clés
et les combats.
Concernant
l'édition DVD Française, il est à noter un
recadrage pourri coupant tous les visages et l'acquisition de
la licence en version censurée, le passage TV. L'édition
DVD Japonaise propose moins d'enchaînements brutaux entre
les scènes, quitte à montrer un peu plus de sang.
Une bonne initiative d'avoir sorti cette série chez nous
mais un traitement vraiment léger...
Baki
renoue pour notre plus grand plaisir avec les séries de
bourrins qui n'ont jamais été trop présentes
finalement. On assiste à la progression d'un adolescent
redoutable jusqu'au combat final, dans la seconde saison. Même
si on peut sentir une baisse de régime à partir
des combats Ultimate Fight, suivre l'entraînement d'un individu,
ses combats, ses doutes, pour devenir le meilleur est un message
positif et agréable à suivre. Les combats assument
pleinement leur caractère destructeur et on en prend plein
les yeux, vraiment, une série qui a la patate.