Defender of the Crown

Test de la version : Amiga
Autres Supports : Amiga CD, Amstrad CPC, Apple II, Atari ST, C64, CDI, DOS, Game Boy Advance, Mac, NES, Windows
Développeur : Master Designer
Editeur : Cinemaware
Année : 1986
Langue : Anglais
Genre : Stratégie
Jeux similaires : Defender of the Crown II - Feudal Lords - Jeanne d'Arc
Classification Personnelle : Tous publics


Développé pour faire vendre de l'Amiga, Defender of the Crown proposait de revivre un événement historique, la bataille d'Angleterre. A vous la conquête des territoires, les joutes, les batailles et le siège de châteaux, la règle du jeu était simple, il ne devait en rester qu'un...

Nous sommes au douzième siècle, après de rudes batailles, le roi est mort, vive le roi ! La place laissée ainsi vacante reviendra au plus valeureux leader. Les saxons et les normands sont sur les rangs de la succession mais vous aurez un atout de taille sur lequel compter, l'aide de Robin des bois.


En route vers la gloire...
Defender of the Crown est un jeu de stratégie qui fit parler de lui et qui lança la société Cinemaware qui avait comme ambition de proposer des jeux aussi soignés que les grandes productions cinématographiques du début du siècle comme les films d'Errol Flynn tel que Robin des bois justement.

Vous aurez dans un premier temps à choisir votre personnage dans une liste de quatre candidats potentiels avec chacun, des prédispositions différentes. Une fois votre homme choisi, vous rendrez une petite visite à Robin qui vous témoignera toute sa sympathie, dès lors, le jeu peut commencer. La carte d'Angleterre sera un peu votre QG, tous les ordres se prendront d'ici, acheter des soldats, chevaliers, catapultes, tours, s'approprier une terre, faire une joute, assiéger un château...


Chaque nouvelle journée commence par le prélèvement des impôts.
Face à vous, cinq joueurs contrôlés par l'ordinateur. Au début du jeu, personne n'a d'autre bien que son château principal. Avant de partir s'approprier une terre, l'option "Read Map" permettra de connaître la taxe habituellement pratiquée à la région visée ainsi que le nombre de vassaux qui viendront rejoindre les rangs de votre armée après votre passage. Le système de déplacement est ingénieux puisque vous aurez une armée de bataille, celle-là même qui fera les déplacements nécessaires sur la carte; donc, après avoir acheté des soldats, vous devrez les transférer dans votre armée de bataille afin de ne pas les laisser glander au château. En revanche, laisser quelques troufions en arrière sera utile si vous perdez une terre et que votre armée de bataille ne puisse retourner au château s'il est assiégé, c'est bien pensé.


Le trou est assez profond, le reste ne dépend plus de vous.
Bien pensés également les impondérables comme le sabotage d'une catapulte ou les paysans qui refusent de payer l'impôt. Pour 1986, le jeu est d'une richesse incroyable et permet moult possibilités si bien que pour venir à bout de DOTC, vous devrez vraiment maîtriser toutes les options proposées. Suivant le perso que vous prendrez, vous aurez plus de facilités à croiser le fer ou bien à remporter les joutes. Une chose supplémentaire de bien travaillée concerne les paris car une joute sans paris c'est un peu comme un Portugais sans caries (...). Hum, je disais donc que pour les joutes, vous pouvez parier votre fierté ou des terres, pour peu que vous soyez un bon jouteur, vous pourrez ainsi rafler trois terres par joute, une façon comme une autre de prendre un avantage sur vos adversaires virtuels.


Ca complote, ça complote...
Comme pour impliquer d'avantage le joueur dans l'histoire, quelques petites scènes d'arcade sont proposées allant du moyen au franchement pénible. Commençons par le pire, les raids, des séquences où l'on pénètre à l'intérieur d'un château, suite à l'appel désespérée d'une jeune prisonnière généralement. Le but du jeu consiste à avancer avec la souris et cliquer très vite pour accabler nos assaillants, une séquence qu'il sera nécessaire de renouveler un grand nombre de fois avant de prendre le coup de main. Assiéger un château donne lieu à une autre séquence où l'on contrôle la catapulte à la souris et où l'on doit bouger très doucement cette dernière pour permettre de briser un mur du château et ainsi faciliter l'entrée de nos hommes, rien à redire sur ce petit jeu de précision. Enfin, durant les joutes, on doit rapidement ajuster sa lance sur notre opposant pour ensuite le faire tomber de son cheval, là encore, si vous ne connaissez pas le "truc", vous n'y arriverez pas.


La joute est un évenement festif.
Techniquement, les graphismes sont sublimes, de vrais tableaux, en particulier lorsque vous assiégez un château ou que vous partez délivrer une frêle jeune femme, on a même le droit à des animations comme le mouvement de l'eau, du feu et des éclairs, sans parler des ombres sur les murs. La bande son est tout à fait dans l'esprit médiéval et se superpose à merveille aux différentes séquences du jeu. La réalisation est tout bonnement incroyable pour l'année, quand on pense qu'en 1986, DOTC exploitait les 32 couleurs de l'Amiga et son deuxième lecteur là où des jeux sortis cinq ans après ne proposaient que le strict minimum, ça laisse sans voix.


Une mise en scène bluffante, regardez l'ombre sur le mur.
DOTC est démuni d'une quelconque fonction de sauvegarde, mais comme toujours, les émulateurs sont désormais là pour pallier à ce problème. En terme de difficulté et de durée de vie, c'est très relatif je dirais. Il faut maîtriser quelques techniques rudimentaires pour remporter à coup sûr les joutes et les raids. Il faut aussi tacher de jouer stratégiquement, ne pas viser une terre faible en impôt quand une plus importe n'attends plus que nous. Bref, en jouant sérieusement en fin stratège, la durée de vie sera très courte, une petite heure. En jouant au fun et en multipliant les coups de poker, la durée de vie sera plus importante mais vous risquez de vous retrouver dans une impasse avec une armée surpuissante en face de vous. D'une manière générale, il faut marquer des points rapidement et donc, finir le jeu rapidement mais pour ce faire, plusieurs partis infructueuses devront être menées pour établir un plan de bataille. La séquence de fin est aussi soignée que le reste du jeu, ce qui est assez motivant par ailleurs.

A noter que le jeu est sorti officiellement en français sur Amstrad CPC et que le second volet disponible sur Amiga CD32 propose aussi une traduction. Au niveau amateur, il existe également une traduction française sur Atari ST que vous trouverez ci-dessous.


Pour :

+ Réalisation grandiose
+ Concept simple à prendre en main

Contre :

- Les raids
- Durée de vie relative

Intérêt Général :16/ 20

Avec une compagne à vos côtés, votre leadership va décoller.
Defender of the Crown est un titre qui a fait date, avant toute chose, pour sa réalisation époustouflante compte tenu de l'année, c'est réellement le premier jeu, ou l'un des premiers, à avoir montré les capacités des 16 bits et avoir encouragé les développeurs micro à passer à la génération suivante d'ordinateurs, que ce n'était pas l'histoire de quelques kilo octets en plus mais que les 16 bits consistaient bien en une révolution ludique. Au niveau stratégique, DOTC propose un challenge soigné avec beaucoup de facteurs pour une expérience inoubliable et cette volonté d'aller à l'essentiel lui a également ouvert la porte des joueurs souhaitant une prise en main rapide, sans passer par la case grosse notice de 50 pages ce qui a permit au titre de toucher une clientèle plus large que ces confrères. Le pilier d'une époque.

Blood, le 10 mai 2004


Review
Master Designer - 1987
Atari ST

Une séquence supplémentaire
A l'origine, Defender of the Crown est le premier jeu de Cinemaware, c'est la raison pour laquelle le titre est sorti bien que non finalisé et chaque nouvelle conversion a apportée des idées qui devaient, à l'origine, être dans la version Amiga. Ici nous avons la possibilité de demander un droit de passage pour traverser une terre déjà acquise par un autre joueur, envoyer un espion et se renseigner sur les autres lords. On peut à présent récupérer des hommes sur chacune de nos terre et en laisser sur place, de plus, avec le bouton droit, on peut acheter des hommes par cinq, ce qui va soulager l'index vers la fin quand on devra acheter une centaine de gaillards. Durant les raids, une touche sert à parer les coups et une barre de vie a fait son apparition. Enfin, chaque achat compte pour un tour et le jeu est du coup, plus difficile.

Graphiquement, quelques écrans ont disparus et quelques nouveaux ont fait leur apparition, de petites animations également et la palette de l'Atari est bien exploitée. Une alternative à essayer.

Review Defender of the Crown II
Master Designer - 1993
Amiga CD

C'est vrai que la séquence originale était vilaine
En 1991 sortait une version de Defender of the Crown pour le CDTV d'Amiga, un portage sans amélioration notable. Deux ans plus tard, c'était au tour de la CD32, toujours d'Amiga, de se voir gratifier de "sa" version de DOTC rebaptisé pour l'occasion, Defender of the Crown II, et oui, carrément !

Parlons déjà de ce qui saute aux yeux, le jeu est splendide. La palette ici utilisée est plus riche et outre un design encore mieux maîtrisé, on a le droit à de nouvelles animations en ombres chinoises. Le jeu en lui-même offre toute une série de nouvelles options sympathiques comme une gestion pointue des ressources, les rapports des espions et la liste des terres pour chaque concurrent lors des joutes, c'est vrai que c'est plus pratique comme cela. Paradoxalement, la gestion des hommes est moins conviviale et le jeu est bien trop simple. Ce qui gène surtout est que ce volet est un jeu console développé pour la CD32 et qu'on ne retrouve pas le confort d'utilisation de la souris car même via l'émulation, le résultat sera approximatif puisqu'il est question de descendre sur des menus et de changer les paramètres en bougeant la souris de gauche à droite.

Sept années se sont écoulées depuis le premier DOTC est cette pseudo suite pour une console morte née n'est pas convainquant tout simplement car le jeu mise trop sur la carte du m'as-tu vu au détriment d'un vrai challenge ludique, intuitif et ergonomique, l'interface consoleux est bien trop lourde. Les fans de stratégie lui préféreront Dune 2 ou Syndicate sortis la même année, les nostalgiques resteront attachés à la version originale.

Review
clickBOOM Interactive - 2002
Windows

Pas très beau mais très vide en revanche...
Après s'être reformé en 2000 par un ancien employé, Cinemaware mis sur le marché deux ans plus tard une version "collector" de Defender of the Crown. Cette version est donc compatible Windows de 95 à XP. Après être passé soi-même en 1024x768, le jeu se charge correctement et là, surprise, pendant la petite scène avec Robin une nouvelle option fait son entrée, des challenges permettant, à titre d'exemple, d'amasser au moins 200 soldats pour voir son niveau de commandement augmenter d'un point, sympa mais on peut les refuser de toutes façons. Les graphismes sont moyens et surtout, on sent l'abus de 3D même sur des polygones que l'on ne sera pas amené à pouvoir observer sous différents angles, la technique pour la technique. La bande son est plus fidèle. Ce remake prend en compte l'achat de soldats comptant pour un tour, offrant ainsi une certaine difficulté. Après une dizaine de tentatives infructueuses, j'ai pris une aspirine. Toutes les innovations de la version CD32 ont été écartées (ombres, animations supplémentaires...), les joutes et sièges de château sont maintenant quasi-impossibles à cause d'une prise en main affreuse, quant aux raids qui n'étaient vraiment pas évidents, ils sont en tout point identiques. Toujours pas de sauvegarde non plus et le fait de s'approprier un second château vous fera quand même perdre la partie si vous n'êtes pas là pour défendre le premier, de même si votre armée dispose de 100 soldats contre 50 pour l'ennemi, l'issue de combat restera incertaine, ça a vraiment été programmé avec les pieds, c'est pas possible autrement.

Le Cinemaware d'hier n'est donc plus le Cinemaware d'aujourd'hui. Ils nous offrent un remake  bourré de bugs et d'une maniabilité très discutable, toutes les bonnes idées des précédentes versions ont fini à la poubelle (comme le maniement de la catapulte, les joutes...) tous les points faibles de DOTC sont restés en l'état (les raids, pas de sauvegarde...). Sortir une version collector d'un vieux hit je suis pour, prendre les nostalgiques pour des vaches à lait je suis contre. Allez, s'il reste encore des sceptiques dans la salle, je vais finir d'achever le bilan en précisant que Cinemaware n'ont même pas développé cette version eux-mêmes mais ont confié le soin de concevoir le collector de leur plus grand succès à... Clickboom, une petite boite spécialisé dans le portage dont c'était en plus le premier jeu sur PC, consternant.


Commentaire

Je gagne assez souvent avec la version ST. En fait, comme pour toutes les versions de DOTC, celle-ci aussi a ses secrets.

Par exemple, le point de départ le plus pratique est Clwyd (Pays de Galles). Ensuite, il faut foncer vers le sud-ouest (Cornwall) et lorsque le seigneur normand est assez loin de ses bases, attaquez son château en ayant entre temps acheté une catapulte. Il arrive malheureusement que le seigneur revienne sur ses pas, pour vous couper la route, raison de plus pour le vaincre (sinon vous êtes fichus) avant qu'il ne riposte. Une fois le château pris, une bonne partie des terres du sud (les plus riches) sont à vous... A vous ensuite de bien jouer.
Conseil : Toujours attaquer un château lorsque le seigneur des lieux est parti guerroyer assez loin...

Pour bien réussir une attaque de château, il faut cliquer au bon moment pour lancer les boulets (les autres projectiles n'ont aucun intérêt) avec la catapulte. Pour cela, il faut repérer les endroits à cliquer sur la corde de la catapulte pour pouvoir envoyer les boulets détruire le murs.
Un petit truc avec Steem : utiliser le memory snapshot pour sauvegarder , cela vous permettra notamment de pouvoir vous entraîner au tir à la catapulte.
Par contre éviter les joutes, c'est injouable et il n'y a pas de trucs pour vaincre à coup sûr. Si vous êtes obligé de jouter, ne jouez que pour l'honneur, jamais pour des terres.
Petit truc : si vous devez jouter et que vous ne possédez aucune terre, essayez de toucher le cheval, comme ça vous serez exclu de toutes les joutes et vous pourrez être peinard pour le reste du jeu. Par contre, ne jouez pas à ce petit jeu si vous possédez des terres (saus si vous avez contruit un château sur chaque territoire), car vous perdrez tout.

Snowtrooper


Liens

Manuel [Taille : 4.42 Mo]

Version Amiga - Tosec [Taille : 727.39 Ko]

Version Atari ST - Patche [Taille : 464.69 Ko]
Traduction Française

Cette solution a été réalisée pour le site Alone in the Past ? et son élaboration a demandée du temps, aussi bien pour sa précision que pour les captures d'écran. Par respect pour notre travail, merci de ne pas la proposer chez un confrère sans notre autorisation.


Voici quelques conseils pour terminer le jeu sur Amiga :

N'acheter que des soldats pour commencer, attendez d'en avoir une cinquantaine avant de prendre une catapulte et de vous occuper des châteaux.

Prenez les terres qui donnent le plus d'impôts, vous obtiendrez ces informations avec la fonction "read map".

Attaquer vos concurrents par ordre d'importance, commencez en premier lieu par les terres avant le château pour réduire leur armées et viser les ennemis qui ont le moins de terres avant de vous attaquer aux plus importants, n'ayez pas les yeux plus gros que le ventre sinon vous ne ferez pas de vieux os.

Pendant les joutes, viser en bas à gauche du bouclier de l'adversaire et parier des terres avec votre plus sérieux concurrent.

Pour remporter un raid, positionner le bouclier sur l'ennemi et cliquer frénétiquement.

Ne perdez pas de temps, allez vite, plus le jeu dure longtemps, plus vos adversaires perçoivent d'impôts et agrandissent leur armée, attention.

Bonne chance !

Moyenne des notes : 12/20
Human ktuluLe 9 juin 2008
Certes, Defender of the Crown est un jeu qui à fait date dans l'histoire du jeu vidéo en ouvrant la voie aux simulations médiévales. Pourtant au delà de l'idée original, je ne vois pas vraiment en quoi ce jeu à suscité autant d'intérêts, je trouve même énervant que ce titre ai réussi à occulter par la suite de nombreux jeux parfois bien meilleurs ! Je pense notamment à Kingdoms Of England qui s'en est directement inspiré.

Il est clair que l'aspect culturel à beaucoup joué, qui n'a pas eu le fantasme de vivre la vie d'un chevalier du moyen age ? Mais on s'éloigne alors de la simulation d'une "époque" pour entrer dans la simulation de "vie", et l'amateur de stratégie que je suis n'a pas trouvé son compte dans un jeu qui ressemble plus à "North & South" qu'à un véritable jeu qui intègre de la gestion et de la construction.

Je ne suis d'ailleurs pas le seul à avoir ressenti cette frustration, puisque c'est justement cela qui à incité Chris Foster et David Lester à concevoir quelque chose qui se rapproche plus d'une véritable simulation médiévale : le mythique et en même temps méconnu Lords of the Realm.

Aujourd'hui encore on ne peut pas dire que le concept de "simulation médiéval" soit correctement exploité, à ce jour seul Stronghold m'a satisfait, et encore ce jeu se limite à une simulation de châteaux. Bref, ce n'est pas demain que l'on aura l'occasion de voir se réaliser un tel jeu ...
Note : 12/20
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