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Hokuto no Ken
Fiche Technique de la première série

Auteurs :
Buronson
Tetsuo Hara

Réalisateur : Toyoo Ashida
Character Design : Masami Suda
Musique : Nozomi Aoki
Production : Toei Animation

Doublage :
Akira Kamiya : Kenshiro
Kaneto Shiozawa : Rei
Katsuji Mori : Shu
Kenji Utsumi : Raoh
Takaya Hashi : Toki
Toshiko Fujita : Mamiya
Toshio Furukawa : Shin

Année : 1984 - 1987
Format : 109 épisodes
Genre : Action
Classification Personnelle : A partir de 12 ans
Voir aussi : Jojo, Baki
Résumé de la première série

La troisième guerre mondiale a eu lieu. Les bombes atomiques ont ravagées la surface de la planète, les seuls survivants meurent de faim ou sont devenus de véritables barbares s'adonnant au pillage et au carnage. C'est dans ce contexte que deux écoles d'arts martiaux vont s'affronter, le Nanto Seiken et l'Hokuto Shinken dont Kenshiro est l'héritier. Laissé pour mort après avoir été torturé et s'être vu voler sa bien aimée sous ses yeux par Shin, un disciple du Nanto, Ken n'a plus qu'une seule obsession, retrouver sa moitiée et se venger. Sur sa route, il fera des rencontres et sera témoins de l'injustice qui règne dans ce nouveau monde où la loi du plus fort s'est imposée. Il tachera de rétablir la balance en apportant son aide aux gens qu'il croisera, punira les dictateurs et corrigera d'une manière simple et définitive toutes les personnes qui abusent de leur force pour leur profit personnel.

Critique de la première série
Hokuto no Ken est une série que l'on peut découper en plusieurs parties, la première concerne Shin et Yuria. Kenshiro évoluera dans une terre livrée au chaos avec comme seul objectif, la vengeance. Il fera rapidement connaissance avec deux enfants qui l'accompagneront, Bat le débrouillard et Lin, l'émotive. Ken et Bat vont évoluer durant la série, passant du statut de spectateur à celui d'acteur devant la violence dont ils seront témoins. Ils se mêleront de plus en plus aux conflits personnels et tacheront d'apporter un peu de joie de vivre et de bonheur aux habitants opprimés en s'occupant des tyrants qui se sont octroyés les régions disposant d'un puits ou de terres fertiles.

Cette première partie pose donc le décors, une partie des survivants sont revenus au travail de la terre et aspirent à vivre en harmonie avec leur environnement. Une autre n'a de cesse que de vivre dans la facilité en commettant les pires crimes, en volant, en pillant et en créant des petits jeux sadiques avec les civils pour passer le temps. Obnubilé par son idée de vengeance, Ken va alors mettre ses préoccupations de côté pour se poser comme un défenseur des opprimés, devenant moins austère, plus accessible et plus humain. Les nombreux combats qu'il va mener vont lui permettre d'améliorer sa technique pour la confrontation finale de cette partie, les retrouvailles avec Shin.

La seconde partie est de loin la plus intéressante de la série. Après avoir vaincu Shin, Kenshiro nous apparaît comme une personne fragile, qui a perdu ses repères et ne sait plus trop quoi faire, ou aller, c'est alors que les événements vont l'entraîner à continuer à défendre la veuve et l'orphelin. Tout commence par la présentation de deux nouvelles personnes qui accompagneront Ken durant son trajet. Mamiya, une femme qui dirige un village avec poigne et Rei, un maître Nanto qui recherche sa soeur. Engagé comme mercenaire avec Rei pour défendre le village de Mamiya, cette partie va permettre d'entré dans le vif du sujet et de faire la connaissance des frères de Kenshiro, Jagi l'imposteur, la brute sanguinaire et Toki le pacifiste, malade et par la même condamné à plus ou moins long terme.

L'imposture est un thème qui sera développé à deux reprises, la haine qu'une personne peut nourrir envers une autre au point de vouloir ternir son image en se faisait passer pour elle. La maladie ou plus exactement la mort lente et douloureuse est un sujet grave qui va être longuement traité également. Enfin, La torture va être abordée au travers d'un usurpateur prenant un malin plaisir à tester des techniques expérimentales sur des cobayes, une seconde partie qui explore en profondeur les travers de l'espèce humaine, ces conséquences. Enfin, la disparition de personnages charismatiques, dont on a suivi les péripéties pendant plusieurs épisodes est toujours quelque chose de rare dans une série et cela permettra de clôturer cette seconde partie sur un épisode très poignant ou après avoir combattu la douleur et la souffrance durant plusieurs épisodes, un personnage important va s'isoler dans une cabane pour vivre ces derniers instants seuls avec lui-même. Une fin de série mise en scène avec pudeur et qui ne pourra que nous faire ressentir un pincement au coeur devant cette disparition inéluctable, injuste mais qui fait parti de ces moments d'anthologie qui permette à la série de dévoiler toute sa dramaturgie, toute sa dualité.

La troisième partie est celle des deux plus grands tyrans souhaitant régner sur le monde. Le premier est Sauzer du Nanto, un esclavagiste sadique qui fait enlever des enfants pour créer une pyramide pour son plaisir personnel. Face à lui, une bande d'insurgés menés par Shû, un autre maître du Nanto qui va tout faire pour limiter la casse. C'est après avoir quitté Mamiya et Toki que Kenshiro va s'allier à Shû pour renverser le dictateur. Ken va essuyer une cuisante défaite face à Sauzer avant de prendre le dessus. L'esclavage est un thème qui n'avait pas encore été développé mais il s'intègre parfaitement au scénario. A partir du moment où la démocratie n'existe plus, ou l'état n'existe plus, les individus sont livrés à eux même et l'un d'entre eux peut immerger pour imposer son autorité toute puissante par la force, c'est du domaine du plausible.

Après un premier combat très musclé, Raoh, le dernier frère de Kenshiro, va revenir dans la série de manière plus régulière, pour affronter Toki dans un premier temps. Ce dernier, rongé par la maladie va puiser en lui ces dernières forces pour nous offrir un affrontement inoubliable au terme duquel va commencer le règne de Raoh qui se fait appeler Ken'Oh et qui va se constituer un véritable empire. Ryuga va entrer en scène et au bout de seulement quelques épisodes, va perdre la vie sans dégager une émotion particulière du fait du peu d'épisodes ou il aura été présent et de sa lâcheté constituant à lever la main sur un Toki mourant. De plus, à quelques secondes d'intervalles, Toki va le suivre, loupant ainsi complètement sa sortie au travers de cette double disparition mise en scène trop brutalement et qui n'a rien à voir avec le poignant dernier épisode de la seconde partie. Franchement, pour quelqu'un comme Toki, on aurait été en droit d'attendre quelque chose de grandiose, à l'image du personnage presque biblique de par sa vie au service des plus démunis, déception.

La série a toujours été avare en flashbacks ainsi qu'en épisodes résumés, on est amené à voir et revoir sans cesse des passages entiers, ce qui a d'avantage l'effet de nous saouler qu'autre chose. Non content de conter sur la redondance exagérée pour gonfler superficiellement la durée de vie de la série, la quatrième et dernière partie fait très fort en commençant par non pas un mais bien cinq épisodes flashbacks, du grand n'importe quoi. Cette dernière partie se concentre sur le règne de Raoh et l'affrontement final entre lui et Kenshiro, affrontement qui va traîner en longueur puisque des grosses ficelles servant de bouche trou vont remplir une bonne vingtaine d'épisodes. Je parle de facilité du fait que l'identité du dernier maître Nanto ne tiens pas la route une seconde, de même que ces cinq étoiles protectrices, pourquoi les autres maîtres Nanto n'en avaient ils donc pas alors ? Durant cette partie, des protagonistes vont occuper le devant de la scène durant quelques épisodes, pas suffisamment pour nous rendre ces étoiles sympathiques et finalement, à la manière de Ryuga, on restera assez indifférent devant leur disparition. On retrouve un rythme lent, similaire au début de la série au travers de combats toujours plus nombreux et de thématiques déjà abordées, dictateurs sadiques, punks et j'en passe. On trépigne d'impatience d'arriver au combat final pour rester finalement assez dubitatif car après des tonnes d'épisodes résumés inutiles et de petits combats sans intérêt,le duel ultime entre Kenshiro et Raoh ne s'étalera que sur deux malheureux épisode pour laisser place à un dernier épisode résumé pour terminer la série.

Hokuto no Ken, une série où il y a boire et à manger. Comme le laisse supposer la première impression, HNK cible en premier lieu les amateurs d'action et de baston mais va, heureusement, un peu plus loin. Au travers de son univers post-nuke en premier lieu, la fin de notre civilisation, le début de la suivante, une certaine forme d'anarchie ou la loi du plus fort prédomine. Ce qui nous distingue de nos ancêtres et des pays sous développés, l'égalité, la parité, tout ceci n'a plus court dans ce monde ou seul le plus fort arrive à manger à sa faim, ou seul le plus téméraire s'auto-proclame chef, empereur, maître du monde. Les faibles, les femmes, les enfants sont tour à tour les esclaves ou les cobayes des plus fort qui les empêchent de mener une vie normale. Au travers de son voyage, Kenshiro fera ce qu'il peut pour réparer les injustices, détrôner les dictateurs et faire resurgir ce concept d'égalité entre les hommes.

Croisement improbable entre Mel Gibson et Bruce Lee, Kenshiro est un solitaire, successeur d'une grande école d'arts martiaux dont la technique consiste à frapper l'adversaire sur ces points vitaux pour provoquer des protubérances et des effets bien particuliers tel qu'une paralysie permanente des jambes ou des bras. C'est le sauveur de ce monde livré à lui-même, pour l'auteur, pas de rédemption possible, quiconque à fait le mal un jour devra payer de sa vie. Les nombreux combats que compte la série sont souvent mise en scène de façon originale, en ombre chinoise où l'on voit le corps de l'ennemi exploser, on l'imagine plutôt puisqu'on voit son ombre, son sang quant à lui est matérialisé par un liquide blanc, une forme d'autocensure néanmoins intéressante, esthétiquement parlant. Plusieurs écoles d'arts martiaux existent, plusieurs techniques également mais en gros nous avons le Hokuto Shin Ken qui utilise les points vitaux de l'adversaire pour une explosion interne et le Nanto Suiken qui consiste à une sorte de découpage du corps pour une explosion extérieure. Le premier à nous montrer cette technique sera Rei, malheureusement, son retrait de la série se fera sentir puisque nous aurons droit à plusieurs clones, même technique, physiologiquement très proche ainsi qu'un certain goût du sacrifice.

Le Post-Nuke est avant tout un genre littéraire qui connu son heure de gloire dans la littérature des années 70 avant de connaître un air de renouveau au travers de séries Z italiennes comme "2019, après la chute de New York". Mais c'est Mad Max qui semble le plus avoir inspiré Tetsuo Hara (l'auteur) pour placer l'histoire d'HNK dans cette réalité, les clin d'oeils sont nombreux qui plus est comme l'épaulette de Kenshiro, le fusil à pompe de Jagi, les punks ou encore l'épisode avec le bus qui sert de porte à un camp de réfugiés qui renvoi directement à Mad Max 2.

Malgré tout, 1984, il y a forcément des choses qui ont mal vieilli voir très mal. Je commencerais par tous ces flashbacks et épisodes résumés qui plombent la série, surtout qu'ils apparaissent n'importe quand comme par exemple durant le combat final entre Ken et Raoh, cassant ainsi de manière assez frustrante le rythme de la série. Quand on pense que même l'épisode 109, soit le dernier, est un résumé, cela montre bien qu'il y a eu clairement un abus, même si la série est longue, pas la peine de nous rappeler sans cesse ce qu'il s'est passé surtout que parfois également, on aura droit à un long flashback de l'épisode précédent, faut pas abuser quand même. La mort nous est montré, à profusion même, par contre, la vie, l'amour, le sexe, est totalement absent de la série. Juste un amour platonique de manière sporadique mais il y a une autocensure sur ça également, même pas un baiser d'amour, dans HNK, personne baise, personne ne montre ou n'exprime ses sentiments clairement, tout le monde parle d'amour mais personne ne le montre.

Pas besoin d'une scène de cul torride mais parler d'amour sans ne jamais montrer un couple s'enlaçant, c'est franchement limite, je pense que ca auraient contrebalancer un peu la boucherie de la série. Un des gros problèmes de la série n'est pas très loin de ça par ailleurs, la consécration limite mystique de la femme, la gentille misogynie ambiante de la série. En gros, une good girl doit rester à la maison, faire des enfants et prier pour le retour de sa moitié, tous les personnages féminins prenants les armes ne sont pas de vrais femmes, elles refusent leur féminité. Une good girl, c'est Yuria, elle chouine, elle prit, trop pure pour être souillé par une relation sexuelle, un vrai baiser ou pour rendre les coups, l'étoile de la mère bienveillante, j'ai failli m'étouffer de rire quand j'ai entendu ça, misère...

Un mot sur la VF tout de même, volontairement massacrée par les doubleurs de l'époque pour des préjugés qui leur sont propres, le responsable du doublage a même poussé le vice jusqu'à prétendre qu'il y avait des croix gammées dans la série et qu'elle avait une connotation "nazi" et raciste, alors que c'est bien entendu faux, ce n'est pas une question de sensibilité personnelle, il n'y a aucune croix gammée et HNK est une série qui dénonce le totalitarisme au contraire, une mauvaise fois totalement injustifiée. Des convictions personnelles infondées leur dictant que cette série ne leur plaisait pas, ils ne sont toutefois pas allez jusqu'à refuser de la doubler, faut bien bouffer. Enfin, ce massacre n'a servi à rien, la série fut la cible facile (puisque diffusée dans un mauvais créneau horaire) des anti-anime et fut stoppée à vingt épisodes de la fin, juste avant la révélation du dernier général du Nanto et du combat entre Ken et Raoh, l'anti-professionnalisme dans toute sa splendeur.

Techniquement, la série aborde des backgrounds détaillés et expressifs, à l'opposé du character design totalement inégal qui passe de mauvais à très bon et cela, en l'espace de quelques épisodes. C'est seulement une fois atteint la quatrième et dernière partie que le character design trouvera définitivement ces marques avec des représentations convainquantes des différents protagonistes, avant cela, ce sera un peu de l'expérimentation sauvage. Le style de représentation utilisé n'est pas à proprement parlé japonais, il rappelle d'avantage le style américain avec des visages expressifs, tirés au couteau avec des rides et des effets de lumière, un style original et très différent de ce que l'on est habitué à voir dans les anime. L'animation est pour ainsi dire quasi inexistante, des plans qui servent à plusieurs reprises, des images qui s'enchaînent rapidement mais rien de bluffant contrairement aux souvenirs qu'on pourrait en avoir. La bande son reste ce qui a le moins mal vieilli, des thèmes travaillés, nombreux, parfois poignants, parfois inquiétants mais se mêlant toujours parfaitement à l'action ambiante. Le doublage est de qualité sans pour autant atteindre des sommets, la faute à une galerie de personnages finalement assez peux expressifs et taciturnes.

La bonne morale est préservée durant toute la série, c'est très manichéens, les méchants ou ex méchants payeront de leur vie, la morale étant que l'amour vient à bout de tout, une conclusion plus que mièvre mais derrière les litres d'hémoglobines, la morale est sauve et c'est bien là l'essentiel.

Hokuto no Ken, une très longue série qui joue sur les paradoxes, le bien contre le mal, les faibles contre les forts, des individus malades, d'autres capables de fendre une montagne du poing, la série nous entraîne dans la quête d'une sorte d'être élu qui doit apporter la paix à coups de mandalles, le résultat est distrayant mais souffre du poids des années. Trop de combats, trop d'épisodes, trop de flashbacks, trop de résumés mais surtout un scénario et des dialogues trop simplistes. On a beau gratter, on est pas devant la série du siècle, tout juste devant la meilleure série de baston mais l'univers post-nuke aurait permit plus de profondeur, plus d'analyses mais c'est comme ça. Je garde un excellent souvenir des parties 2 et 3 avec Rei, Mamiya et Toki pour ce que ces protagonistes apportent à la série et même si sur la durée, on risque d'être parfois un peu déçu, l'ennui ne sera pas présent et avec le nombre de sous chapitres, il est impossible de ne pas trouver chaussure à son pied dans le lot. Une bonne série de frappe.

Critique du film de 1986
Sorti après la série, le film retrace l'histoire de l'enlèvement de Yuria jusqu'au premier combat opposant Kenshiro à Raoh. Il a pour lui d'aborder un character design plus abouti que durant la série mais également un aspect gore outrancié, inutile et mal intégré au film, comme si ces scènes avaient été ajoutées après montage, on remarque une différence de définition. A trop vouloir condenser la série, le rythme est trop rapide, les combats éjectés et plusieurs personnages intéressants de la série sous tout bonnement absents comme Mamiya et Toki au bénéfice de cette sous merde de Jagi par exemple qui accapare un bon morceau du film, un choix surprenant. Pour ce distinguer de la série, le film change quelques broutilles, ainsi, c'est Jagi qui conserve la soeur de Rei en otage, les Kibas affrontent l'armée de Raoh et Yuria est emprisonnée à Cassandra. Rei quant à lui, connaît une disparition tout ce qu'il y a de plus péteuse.

Contrairement à la série, la VF a été réalisée avec sérieux, prouvant que le staff responsable du doublage était capable d'un tel exploit et qu'ils ont volontairement massacrés leur travail sur la série, du moins, si quelqu'un avait encore un doute là-dessus. La bande son est résolument différente de la série puisqu'elle est à présent composée de morceaux de rock tout moisis qui contrastent avec le film. Il existe deux versions du film, la japonaise qui termine sur un match nul et l'américaine ou Raoh remporte le combat, le doublage de la version française a été réalisé à partir de la copie, l'américaine. Il faudra donc se rabattre sur le net pour apprécier le film avec la fin originale en japonais.

Trop éjecté, trop inutilement gore, trop indispensable, ce film risque de décevoir les fans de la série par son rythme effréné et ces "détails" oubliés ainsi que les profanes par la succession de révélations, éléments inattendus et par le manque d'explications. Je ne sais pas s'il a trouvé son public mais en tout cas, je n'en fais pas partie.

Résumé de la seconde série
Une dizaine d'années se sont écoulées depuis le duel entre les deux derniers représentants du Hokuto Shin Ken. Après l'accalmie, le chaos a fait son retour et ce, malgré l'existence de l'armée du Hokuto dirigée par Bat et Lin qui essayent avec les moyens du bord de faire reculer l'oppresseur. Il faudra attendre le retour de Kenshiro pour enfin espérer être débarrassé du nouveau tyran qui se fait appeler Jakou.
Critique de la seconde série
Après le succès de la première série et vu qu'il restait une partie du manga inédite, il fut décidé de produire une suite que l'on peut également considérer, à juste titre, comme une seconde saison. Le concept reste le même et Kenshiro sera amené à rencontrer de nouvelles écoles d'arts martiaux. Le chara design, s'il oscille encore par moment est d'un bien meilleur niveau que durant la première série, très proche du combat final entre Ken et Raoh à vrai dire sauf pour Lin qui est devenu assez quelconque. On retrouve des drames humains, des décès de personnages récurrents et des combats prestigieux, malheureusement, la plupart du temps accompagnés d'une bande son totalement mal adaptée. Des morceaux de pop, romance ou vieux rock très connotés 80's surviennent comme un cheveu sur la soupe, quelle que soit la scène sur laquelle ils viennent se greffer, loupant par la même leur effet, je repense à la mort d'un personnage dans le pays sanglant avec une musique style ballade en arrière fond alors que c'était censé être un moment poignant.

Les flashbacks et résumés sont toujours présents, à des moments mal choisis également, cassant le rythme, comme par exemple, durant un combat, mais en nombre beaucoup plus restreint par rapport à la première série, c'est toujours ça de gagné. Plus de baston mais un scénario toujours aussi mince, si ce n'est d'avantage puisque cette série se résume à un enchaînement de combats sans fin et de révélations farfelues sur des personnages inconsistants et inintéressants car là, on touche au coeur du problème. Totalement dénué de charisme, on n'arrive pas à s'identifier ou à s'intéresser aux protagonistes ici présents, Ein avec son uniforme de catcheur, Falco avec sa coupe à la brosse, Rock avec son accoutrement ridicule à base de cape et chapeau, l'homme crabe (sic !), l'homme scorpion, même en dehors de leur aspect physique, on arrive pas à éprouver de la sympathie pour ces biftecks, leurs états d'âmes, leur histoire n'arrive pas à nous toucher car il y a vraiment un air de déjà vu et en matière de personnages torturés, ils n'arrivent pas à la cheville d'un Rei ou d'un Toki. Vers la fin de la série, on peut éprouver une certaine sympathie pour Shachi et Hyo à la limite mais cela reste très subjectif.

Cette série est sortie uniquement dans un but commercial, c'est ce que je pense car elle n'est vraiment pas soignée. Outre les éléments déjà soulevés, il ne faut pas oublier les nombreuses incohérences et grosses ficelles qui parsèment la série. Un personnage qui voit sa cicatrice disparaître en fonction du plan, Falco qui a trouvé le temps de mettre Mui enceinte alors qu'il n'ont jamais eu un moment d'intimité, un pirate avec tout l'attirail, bandeau, crochet et jambe en bois avec son bateau à la fin du XXème siècle, une scène qui se termine sur une montagne et reprend, à l'épisode suivant, sur une plage, et toutes les révélations sur l'enfance de Ken et Raoh qui ne colle pas avec l'histoire de la première série, Lin la tordue qui reste avec son second ravisseur pour le fun. On ne comprend pas non plus les raisons profondes du maître Gento pour l'avoir enlevée. L'effacement de mémoire (la pire pirouette scénaristique de l'histoire de la création) et enfin, cette consanguinité galopante, tout le monde est le frère, cousin, soeur, parent de quelqu'un d'autre, pitié...

On a pas été gâté par l'édition française de la première série, DVD unitaire pour une série de 109 épisodes, sans VO, masters à vomir et j'en passe. Eh bien, pour la seconde série, c'est guère mieux puisqu'un sérieux problème de transfert NTSC/PAL fait que l'image est rarement net, on peut noter une légère désynchro présente de manière sporadique durant toute la série et bien plus prononcée dans les génériques de début et de fin qui se trouvent relégués dans les bonus alors qu'un bidouillage a été fait sur les génériques de la première série qui sont donc utilisés par défaut. Les sous titres disparaissent parfois, reprennent les noms de la VF comme Julia, Bart ou Raoul mais surtout, la traduction est franchement à chier avec des termes pas du tout adaptés à l'univers de la série comme meuf ou gonzesse et des traductions aberrantes tel que "la main sauvage du Gento", "la main d'or tueuse", "le coup du doigt', du niveau du pire fansub existant.

Ken 2 est la série de trop, trop de clichés, trop d'invraisemblances, trop traité par-dessus l'épaule et finalement, trop creuse. Sortie à l'arraché en n'apportant rien de neuf si ce n'est plus de testostérone et de sueur, pour les fans de chez fans qui ne cherchent rien d'autre que des combats bien virils.

Résumé de Shin Hokuto no Ken

Alors qu'un groupe d'individu vient de forer un puits, des dizaines de punks sortent de nulle part. Ce sont les hommes de Sanga qui contrôle Last Land. Sans chercher à discuter, ils massacrent les villageois un à un sauf le dernier qui échappe à la mort in extremis, un homme a intercepté la flèche qui lui était destinée. Cet homme, c'est Kenshiro. En quelques minutes il va assigner une trempe ultime à tous ces vilains punks et reconduire le survivant au village. L'homme qu'il a sauvé s'appelle Tobi, c'est un mercenaire qui a perdu son frère et qui avait été engagé par les villageois pour trouver un endroit où forer pour trouver de l'eau potable.

Au village, Sarah lui applique les premiers soins d'après une technique qui ressemble au Hokuto Shinken. Ces talents sont connus dans la région, trop connues puisque Sanga va envoyer des hommes pour la capturer.

Critique de Shin Hokuto no Ken
Sorti en plein revival, Shin est l'adaptation d'un roman censé marquer la conclusion de la série, écrit et publié dans les années 90 par Tetsuo Hara, l'auteur de la série.

L'action prend place dans ce qui semble être un ancien pays arabe peuplé de fanatiques qui vénèrent ce qu'ils pensent être un dieu, Vista, un jeune garçon capable de faire surgir de l'eau de ces mains. L'eau potable étant, avec l'essence, la chose la plus recherché en cette nouvelle ère. Kenshirô ne va faire que passer dans cette histoire, juste le temps de punir les dictateurs et libérer les opprimés. Le premier OAV va nous présenter le premier vilain, Sanga, et l'affrontement contre notre bon vieil héritier de la grande Ours, un combat très vite expédié puisque Kenshirô est plus fort que jamais.

Le second OAV nous présente Seiji, le fils abandonné de Sanga qui revient renverser son père. Cela ayant déjà été fait, il va se contenter d'abuser de Sarah et de s'auto-proclamer nouveau souverain. Kenshirô de son côté va aller chercher un médicament pour soigner Vista. Il va rencontrer l'école locale, Hokumon no Ken, dont Seiji est l'un des plus fort disciple.

Le dernier OAV va tacher de nous tirer des larmes avec la mort d'un personnage principal et le combat tant attendu entre Ken et Seiji, combat vite expédié avec comme chute, une pirouette scénaristique et de la bonne grosse morale à peine digérée. Toutes les personnes ayant fait le mal un jour devront y passer et surtout, qui aiment bien châtie bien.

Sorti à des fins commerciales, Shin accumule les lacunes du début à la fin. Déjà en plaçant l'action dans un pays arabe avec des fanatiques prêts à faire une guerre sainte, quel message faut-il comprendre ? Puisque aucune réponse sur ce point là n'est donné, on est en droit de se poser la question. Le scénario est une sorte de resaucée de l'univers Hokuto avec son tyran, ses sacrifiés, ses faibles mais sans son originalité. Le graphisme est laid, Kenshirô nous apparaît dès le départ, bouffi avec un turban, les CGI sont mal incrustés, la bande son fait très shonen et le doubleur de Kenshirô sur la série n'a pas rempilé pour ces OAV.

Un film amateur nous avait fait bien rire il y a quelques années, et pourtant, son titre résume bien ces OAV puisqu'on est bien en face de ce qu'on pourrait appeler Ken le Musulman. Cela change toute la donne de la licence qui se voit engluée dans des carcans de religion et fait passer les fanatiques pour des gens bien dont le seul but est le renversement d'un tyran sadique. La conclusion vite expédiée finira de remplir ce tableau se résumant à trois heures de vidéos qui ne font pas honneur à la franchise. Shin en fait des tonnes et manque d'originalité par rapport à la grande époque Ken-Raoh-Toki et ce, même en intégrant une sorte de sous Rei du Nanto en la personne de Seiji. Il résume la série à ce que ces détracteurs en disent, de la violence à l'état pure. Shin est gore, sans aucune censure, simpliste. Du sous Ken racoleur pour les fans d'hémoglobine.
Critique du film Shin Kyuseishu Densetsu Hokuto no Ken : Raoh-den Junai no Sho
En 2006, Tetsuo Hara (auteur de HNK) et Tsukasa Hojo (auteur de City Hunter) formèrent North Star Picture, un studio dont un des projets fut une série de films/oavs sur l'univers d'Hokuto no Ken. Le premier à voir le jour fut donc celui-ci, Raoh Junai, qui se veut un résumer de la partie Shu/Souther. Du staff de la série, peut de personnes ont rempilés, ainsi, ont peu découvrir Tsukasa Hojo au character design, un nouveau compositeur et de nouveaux doubleurs. Si l'ensemble est convaincant, on ne pourra que regretter le nouveau Raoh. Son teint basané à laissé place à une peau blanche et des cheveux blancs ce qui a pour effet d'en faire un personnage beaucoup moins inquiétant que dans la série mais le pire reste encore son nouveau doubleur qui n'arrive pas à donner de la prestance au personnage, il manque de passion et de conviction. Un autre personnage est particulièrement mal doublé avec une voix nasillarde et léthargique, il s'agit de Leina.

Quelques modifications sont apportées par rapport à l'histoire originale comme Leina donc, une femme au service de Raoh qui éprouve des sentiments à son égard. Une love story mal intégrée, mal expliquée et qui n'apporte absolument rien de plus à l'histoire si ce n'est des longueurs supplémentaires. Toki fait de la figuration comme Bat et Lin, à la limite, il aurait mieux valu les écarter complètement vu qu'ils n'apportent rien à cette partie de l'histoire. Finalement, comme pour le premier film de 86, je reste dubitatif devant le résultat. Ceux qui n'ont pas vu la série manqueront d'informations sur les différents protagonistes et assisteront impuissant à une succession de combats sans beaucoup de profondeur, ceux qui ont vu la série ont plus d'éléments leur permettant de mieux comprendre l'enjeu du combat entre Kenshiro et Souther mais veulent du neuf. En plus, pourquoi avoir mis le nom de Raoh dans le titre du film ? Pour sa love story avec Leina ? C'est d'avantage un film sur Souther qu'autre chose.
Critique de l'OAV Shin Kyuseishu Densetsu Hokuto no Ken : Yuria-den
Quasiment un an après, le second projet vu le jour, centré cette fois-ci sur le personnage le plus creux et inutile de l'univers HNK, Yuria. Au programme, des longueurs, flashbacks, du mélo par barilles entier et bien entendu, un nouveau personnage, un chien, un immonde bâtard qui a même le droit à sa propre étoile, on atteint franchement le degré zéro de l'animation japonaise avec cette OAV. Les passages avec Shin, Jagi et Rei sont abordés sans les mémoriaux combats qui vont avec eux et le seul combat qu'on aura à loisir d'apprécier est celui entre Kenshiro et Souther, autrement dit, celui du précédent film, autrement dit, un flashback.

Aucun des défauts du précédent film n'a été corrigé, à croire que personne ne l'a critiqué ou que le staff a consciemment décidé de se boucher les oreilles. Qu'elle idée à la con tout de même de sortir cinq films sur HNK faisait office de résumé avec des roches, flashbacks, résumés pour un résultat totalement décousu. Yuria Desentsu est à l'image de son ambition, un projet commercial sans innovation marquante, un film ennuyeux et sans intérêt.

Critique du film Shin Kyuseishu Densetsu Hokuto no Ken : Raoh-den Gekito no Sho
Le second film sur Raoh est un résumé de la fin de la première série. Curieuse idée puisqu'il reste encore deux films de prévue. A l'image du précédent film sur Raoh et de Yuria densetsu, le character design est moyen, la bande son également, l'animation est pourrite et le doublage inégal. Tout s'enchaîne bien trop vite et la supériorité de Kenshiro semble moins évitante puisqu'on a assister qu'à un seul combat contre Souther. Ce gros niais de Fudo est toujours présent et deux nouveaux persos font leur apparition, le fantôme de Ryuken et le larbin de Raoh qui, grâce à sa cape, peut voler dans le ciel, pitoyable.

Je suis totalement déçu par les films de ces dernières années qui n'apportent rien du tout. Toute l'émotion, toute la dramaturgie de la série n'arrive pas à faire surface et les événements s'enchaînent bien trop vite pour nous rendre les différents protagonistes sympathiques. Les moyens n'ont pas été déployés également, rien ne brille, rien n'excède et s'impose clairement par rapport à la première série, hormis les extérieurs qui sont très soignés, c'est vrai. Le film se termine en prenant le parti scénaristique franchement abracadabrant de la seconde série avec toutes les incohérences que cela comporte, autant dire que je ne suis pas pressé de découvrir les prochains films et qu'à mes yeux, sortis de la première série et du manga, tout le reste ne mérite pas le détour et tire la licence vers le bas.

Blood, le 7 Septembre 2007

Liens
Hokuto Legacy - Un site sur la série fréquement mise à jour
Ken le Survivant - Le premier site en français sur Ken à ma connaissance, abandonné mais disposant de rubriques toujours aussi intéressante qu'au premier jour
Hokuto.fr.st - Un autre site qui connu son heure de gloire mais lui aussi, abandonné depuis quelques temps
Anime Inverse est copyright 2002-2008 Blood. Tous droits réservés, reproduction totale ou partielle interdite sans accord avec l'auteur. Les anime/manga cités sont copyright de leurs propriétaires respectifs.